Le digital se propage jusque dans les consultations psychiatriques.
Le Dr. Xavier Pommereau, spécialiste des soins aux mal-être des jeunes a mis en place une méthode pour le moins originale. Lancée il y a six mois, au centre Jean Abadie de Bordeaux, cette expérience repose sur la représentation fictive, grâce à la création d’un avatar. Une initiative qui fait ses preuves puisque des résultats qu’il dit « spectaculaires » sont déjà constatés.
Les écrans et les images sont dorénavant omniprésents dans le quotidien des adolescents d’aujourd’hui. Ils leurs sont familiers et les mettent en confiance. Ce qui est loin d’être le cas dans le rapport qu’ils ont avec les adultes du corps médical. Le dialogue étant la clé pour soigner les problèmes tels que l’’anorexie ou le suicide, c’est naturellement que le Dr. Pommereau a souhaité adapter son service à l’ère numérique.
Les jeunes fuient la réalité de multiples façons, notamment en se réfugiant dans les jeux. Terrain virtuel dans lequel ils sont chez eux ; ils n’hésitent pas à se montrer et à se mettre en scène. Ils partagent facilement en images, mais dés qu’il s’agit de s’exprimer en paroles, c’est beaucoup plus complexe. Au Pôle Aquitain de l’adolescent de bordeaux, ce n’est donc plus seulement l’adolescent souffrant qui se déplace mais c’est également son psychiatre.
Il s’agit ainsi d’aller dans le monde des patients, pour mieux les atteindre, les comprendre et ainsi parvenir à les aider. Ce procédé permet de se détacher de la projection que les jeunes ont d’eux-mêmes. Soit faire appel à l’imaginaire et à la virtualité pour pallier une communication difficile en consultation classique.
Pour cela, la version 3 des SIMS est utilisée, ce qui n’empêche pas certains jeunes de chercher d’autres éléments sur le net pour personnaliser davantage leur personnage. Le dialogue se crée alors par l’image, l’avatar est choisi et modelé à sa guise par son jeune auteur. Qu’il soit un autoportrait caricatural ou proche de la réalité, beaucoup de choses se révèlent. Pour Xavier Pommereau, « c’est un support à haute valeur ajoutée métaphorique. Il libère la parole, et permet aux patients d’avoir un autre regard sur eux-mêmes. L’effet de distance leur permet d’observer ce qu’ils donnent à voir d’eux-mêmes. »
Dans cette lignée, pour aller plus loin dans cette démarche, un logiciel pédagogique Serious game, est en cours d’élaboration avec un fabricant de jeux vidéo bordelais. Les avatars crées pourraient cette fois, évoluer dans différentes situations et leurs réactions pourraient être simulées et observées.
Une initiative qui peut surprendre, mais tout à fait sérieuse et ingénieuse. Une chose est sûre ; le patient est attentif, ne se lasse pas et se libère. S’adapter aux nouvelles technologies pour soigner les nouvelles générations serait une solution.