Cela ne vous a peut être pas échappé si vous êtes d’assidus lecteurs de Cité Digitale, la CUB a récemment offert un lifting à son site Internet. Anodin ? Certainement pas… Au sein de la CUB, et parfois même au delà on observe un mouvement collectif vers l’innovation. Certes, ça ne sent pas encore l’octet neuf sur tous les sites des villes de l’agglomération, mais certaines politiques s’avèrent prometteuses et méritent d’être mises en avant. Pour parler de l’institution CUB, nous ne mentirons pas en disant qu’elle ne cesse d’innover non sans une certaine réussite, en témoigne un Netvibes très efficace et travaillé ou encore le récent appel à projets innovants à travers lequel elle a sollicité les créatifs digitaux de l’agglomération. Mais qu’en est-il des composantes de cette organisation justement ? Comment les villes de l’agglomération abordent-elles la communication digitale et plus généralement les communautés en ligne ?
Bordeaux, à la force du tweet
Commençons tout de suite avec Bordeaux et son service e-com, que nous avons joins par téléphone en la personne d’Anne Briolais, Responsable du Portail web Bordeaux.fr.
Ce service emploi 8 personnes et est chargé d’orchestrer, ou plutôt de veiller à la bonne présence de la ville de Bordeaux sur le Net. Et ce n’est pas une mince affaire quand on sait qu’il s’agit de s’occuper de pas moins de 6000 pages internet. Corrections, maintenance, mise à jour des contenus la tâche peut paraître colossale mais l’équipe s’organise avec efficacité. Sur les huit personnes chacune est référente d’un ou plusieurs thèmes du portail, ce qui permet l’exhaustivité et la qualité de l’information.
Sur les réseaux sociaux, la force de la Ville de Bordeaux, c’est son Twitter (@villedebordeaux). Avec 1691 followers, Bordeaux est la deuxième ville de France la plus suivie après Toulouse, d’après la gazette des communes. Actus culturelles, alertes, météo, comptes rendus de conseils de quartier, l’info y est diversifiée et plutôt régulière (environ 5 tweets/jour).
Côté Facebook, l’approche est un peu différente puisque le compte est géré indépendamment du service par une tiers personne qui s’en chargeait depuis le début.
Concernant le partage de photos, pas de compte Flickr en revanche le site Bordeaux.fr possède sa propre plate-forme communautaire de photos. Plus exactement, les internautes peuvent poster leur sphotos sur le site grâce au service « Bordeaux vu par vous ».
Enfin en matière de vidéo, la ville occupe naturellement la place Dailymotion avec le compte villedebordeaux. On y retrouve une page personnalisée aux couleurs de la Mairie et toutes les vidéos utilisées par et pour la ville. Sur Youtube depuis septembre 2007, la ville poste également chez le leader du partage de vidéos les mêmes contenus que sur le compte Dailymotion.
Au vu de ces éléments, nous aurions pu terminer sur un bilan positif et sans ombre au tableau mais non… il y a un bémol
On regrette en effet sur le portail bordeaux.fr l’absence des icônes de réseaux sociaux que la ville occupe. Un défaut de fabrication qui l’empêche selon nous de fédérer comme il se doit sa population et de rassembler plus de monde sur ces plates-formes incontournables. Autre petit «hic», l’absence totale de FLUX RSS, chose prévue au calendrier pour la rentrée comme nous l’a confié Anne Briolais.
Pour les plus curieux sachez que Bordeaux.fr analyse naturellement sa présence et son trafic en faisant honneur à la région. La tâche est en effet confiée à l’entreprise AT INTERNET, basée à Mérignac. AT INTERNET est une référence et un exemple en matière d’analytique web et compte aujourd’hui plus de 3500 clients et 130 collaborateurs à travers le monde.
A delà de la communication online, Bordeaux intègre le numérique dans la ville et ce, par le biais du projet « Bordeaux Cité Digitale » qui a pour but de fournir un ensemble de services, d’équipements et de projets d’usages pour et avec les Bordelais. Divers actions ont déjà été réalisées comme par exemple les Codes 2D installés un peu partout dans Bordeaux, l’application« Bordeaux stationnement handicap », ou encore le Barcamp Bordeaux première édition en Avril dernier.
Un presque sans faute donc en matière de communication digitale qui prouve une prise de conscience réelle. Mais si une grande ville comme Bordeaux a bien investi l’espace web, qu’en est il des communes à moindre population ?
Ca plane pour Mérignac
Parmi les villes qui s’illustrent, il y a d’abord Mérignac et la première chose à savoir lorsqu’on parle de la ville est que celle-ci participe au label « Villes Internet ». Ce label permet à la collectivité locale d’évaluer, de montrer et de faire reconnaître la mise en œuvre d’un Internet local citoyen à la disposition de chacun dans l’intérêt général. Après avoir obtenu en 2008 4 arobases, Mérignac obtient en 2009 et 2010 5 arobases, soit la note maximale du Label National pour la promotion de l’Internet.
Première étape de l’escapade virtuelle Mérignacaise : le site Mérignac.com. En y arrivant, on est frappé par sa clarté et sa modernité. On découvre un site coloré et de qualité accordant une très forte place aux icônes des réseaux Facebook, Flickr, Twitter, Dailymotion et Netvibes, ce qui traduit bien la présence de la Ville sur l’ensemble de la toile.
Derrière ce travail de communication web se cache une équipe réduite de deux personnes à temps plein qui selon Michael Dauriac, l’un de ses membres, « permet à la ville d’être au plus près des gens, de toucher un public jeune qui ne passerai pas forcément directement sur le site».
Côté réseaux, on constate que si Bordeaux s’illustre sur Twitter, Mérignac a davantage investi Facebook puisqu’après un an d’existence, la ville compte pas moins de 2884 fans plutôt actifs… De quoi donner envie à d’autres villes de s’intéresser au premier réseau social mondial.
Sachez que si ce dispositif fonctionne bien avec seulement deux personnes, il a demandé un lourd travail de mise en œuvre et c’est l’agence La Netscouade qui a accompagné Mérignac dans ce processus. Un processus qui se poursuit puisqu’après s’être doté de portails thématiques dédiés (familles.merignac.com, entreprises.merignac.com etc.) d’autres espaces sont à venir ; on parlerait même d’un mini réseau social pour les habitants de la ville…
Pessac, la timide qui monte
Propulsé par Systonic sur un CMS dont l’agence a le secret, le site de la mairie de Pessac est géré par deux personnes. L’une d’entre elles est en charge d’élaborer et de produire les contenus qui sont ensuite mis en ligne par le webmaster.
Pessac possède également sa propre page Facebook, gérée par le même service. Fort d’une activité culturelle et évènementielle très forte, la ville à fait le choix d’utiliser Facebook pour relayer uniquement ce type d’information tandis que le site conserve les informations plus pratiques, règlementaires et administratives. Logique me direz vous.
Côté Twitter, lorsqu’on évoque ce réseau avec les services de la Mairie, mon interlocutrice ne s’avoue pas entièrement convaincu de son utilité pour une collectivité. « Twitter convient parfaitement à des personnalités, comme le maire par exemple. C’est un média très réactif, et je ne suis pas sûre que les informations d’une collectivité se prêtent à ce genre de réactivité. » Quoiqu’il en soit, le compte Pessac grandit quand même, lentement mais surement.
Pour ce qui est de l’avenir du site, un portail citoyen est en projet. Mais aucune date ne peut encore être annoncée étant donné l’ampleur du travail qu’il reste encore à accomplir.
Il ne faut pas oublier que tout comme le Taillan-Medoc (voir Breaking news du 3 Août dernier), Pessac simplifie le quotidien de ses habitants en permettant de réaliser le paiement en ligne des prestations municipales telles que la réservation de places aux accueils périscolaires et aux centres aérés, ou encore la gestion des aides à domicile depuis le site, sans oublier le règlement de l’école de musique.
Le Taillan-Médoc
Le Taillan-Médoc se veut lui aussi moderne et flexible en matière numérique. Bien moins importante que Pessac, la ville a pourtant déjà mené diverses actions telles que la création d’une page Facebook en 2009 et la mise en ligne audio du magazine municipal pour les déficients visuels. Un ensemble de dispositifs qui se verra complété par la sortie d’un nouveau site Internet d’ici la fin septembre.
Talence
A Talence, des initiatives sont en marche. Le service communication qui compte 6 personnes en son sein est doté d’un webmaster qui s’occupe de la maintenance du site de la mairie (avec les icones facebook, twitter et flux RSS) et de la communication sur Facebook et Twitter qui reste encore à l’étape d’expérimentation …
A lire ce dossier on pourrait croire que la démographie et la taille des villes influent sur la qualité de leurs site internet. Pourtant ce serait une erreur de le croire. Même si Bordeaux, Mérignac et Pessac montrent un bel exemple de communication numérique, nous nous attendions à retrouver des sites prometteurs pour des villes comme Bègles. Avec un maire assez présent sur la scène médiatique, on pouvait s’attendre, pour la ville à un certain dynamisme numérique or c’est tout juste si nous avons un maigre flux RSS difficilement localisable. Pas plus de relais vers les plateformes sociales, le site de la mairie de Bègles peut juste se vanter d’un widget de mots clés tout fait et d’un formulaire de satisfaction dont il faut, pour y répondre, être inscrit on ne sais où. Loin d’être catastrophique tout de même, le site propose une bannière intéressante et un menu relativement pratique et organisé.
Une Rive Droite pas complètement à l’ouest

On parle beaucoup des villes de la rive gauche présentes sur Internet mais il ne faut pas oublier la Rive Droite, un territoire qui se caractérise par une communication en ligne très honorable compte tenu du nombre d’habitants dans la plupart des villes. Des villes comme Saint Louis de Montferrand, Ambarès & Lagrave, ou encore Carbon-Blanc . Mention particulière pour cette dernière qui met en footer un morceau Jazzy pour le moins surprenant. D’autres villes sont encore en train de consulter différentes offres pour présenter à leurs habitants un nouveau site internet flambant neuf à l’image de Carignan-de-Bordeaux ou de Latresne qui souhaitent d’ailleurs mettre en ligne un nouveau site fin septembre avec plusieurs portails dédiés aux associations et aux familles. Il permettra entre autre de faciliter les démarches administratives.
Les villes qui s’en sortent le mieux sont Tresses, Sadirac et Créon, avec un site simple, complet et mis à jour régulièrement.
Enfin on ne peut évoquer la Rive droite sans aborder les cas de Bassens, Cenon, Floirac et Lormont qui font partie du Grand Projet des Villes (GPV*), projet qui a pour but de transformer l’image du territoire, la perception qu’on peut en avoir et la valorisation économique de ce dernier. Avec un site mais aussi un blog, et une très large présence sur les réseaux sociaux, notamment Facebook., ce projet porte ses fruits et nous fait découvrir quotidiennement des lieux et territoires sans distinctions de villes ou de mairie.

Pour conclure, nous pouvons voir un intérêt grandissant de la part des communes à propos de leur présence sur le web. Medium de plus en plus utilisé, pilier d’une génération souvent imperméable au débat citoyen, il permet de fédérer et de communiquer et d’échanger dans les principes fondateurs de la démocratie locale. Bien évidemment, ce virage numérique n’est pas suivi par tous et certaines villes préfèrent laisser ce dossier de coté quand d’autres en font une priorité. Ce ne sont d’ailleurs pas forcément les villes les plus importantes qui sont dans le coup … On retiendra tout de même de ce petit tour d’horizon que la CUB ne s’en sort pas trop mal en matière de numérique. Des exemples comme Bordeaux, Mérignac ou Pessac en inspireront sans doute plus d’un. Aux villes encore timides de prendre le relais dés maintenant, pour tirer vers le haut le reste du territoire. On peut compter pour cela sur le soutien implicite insufflé par le département (mais aussi la CUB qui est associée à l’intiative) qui veut résorber la fracture numérique à travers l’arrivée du haut débit sur l’ensemble du territoire (projet Gironde Numérique).
*Le GPV, comme nous l’avons dit rapidement a pour but de revaloriser l’image du territoire. Ce Grand Projet des Villes est en réalité un groupement d’intérêt public (GIP), lui-même réparti en plusieurs instances de travail. Retenons simplement qu’il concerne et qu’il est piloté par les communes de Bassens, Cenon, Floirac, Lormont, ainsi que la CUB et les grandes institutions de la région. Avant d’entreprendre ces projets, un diagnostique d’image a été établi grâce à deux études préalables. L’une portant sur les changements sociaux et d’opinion publique l’autre formant un portrait plus précis de l’image externe du territoire. Ce Grand Projet des Villes s’articule sur 3 axes particuliers qui sont : le renouvellement urbain, le développement social et le développement économique. Si ce projet vous intéresse, vous pouvez retrouver plus d’informations sur le site http://www.surlarivedroite.fr/